Hathor, le sycomore et le jardin sacré

L’odeur de vie

Hathor est la maîtresse du sycomore, qui diffuse l’odeur de vie dans la symbolique égyptienne. Il est l’arbre de la connaissance, relié au monde des vivants. Il est l’axe vertical qui permet d’accéder au jardin sacré.


Les constellations gardiennes du jardin sont celles de la Grande Ourse et du Taureau. Elles représentent les attributs du féminin. Ces deux constellations tournent autour de l’axe du monde.


Dans les traditions, elles se présentent sous la forme du dragon et de l’hippopotame, qui ont évolué sous l’appellation du Léviathan et du Béhémoth. Plus tard, la synthèse des deux donna le symbole de la femme écarlate, ou femme rouge.


La femme écarlate est en opposition à l’homme, car issue de la première création, qui perdit son statut lors d’un nouveau recommencement. Se retrouvant dans le monde inférieur, elle incarne ontologiquement la dimension du Sud (la reine du Sud), qui doit revenir à la lumière. Une fois sortie des ténèbres, le Sud devient le lieu des eaux vives, le lieu de la bénédiction. La femme écarlate, d’un point de vue allégorique, est semblable à l’émeraude au cœur rouge.

Les élixirs parfumés, médiateurs de l’amour et de la connaissance

L’écarlate est le rubis, ici comparé au fruit (la connaissance) de la mandragore, qui est rouge. La racine de la mandragore fait référence à un corps humain. La mandragore possède cinq pétales (symbole de la précession des équinoxes) et était cultivée dans les palais royaux. La fonction ontologique de ce fruit est de débloquer le cerveau en créant l’union de la connaissance et de l’intellect divin.


L’écarlate est l’allusion à la goutte de sang, ce par quoi l’homme est constitué. C’est l’action de rentrer dans son cœur.

Canopus, la Terre et le bateau de l’âme

Osiris, dieu des parfums de résurrection

La constellation Argo correspond aux cinquante têtes de lumière et aux cent yeux de la queue du paon. Elle se situe entre les Gémeaux et le Cancer (la porte des hommes). Dans la mythologie égyptienne, Canopus est l’archétype d’Osiris, qui gouverne les planètes (notre système solaire), tandis que Sirius est l’archétype d’Isis, qui gouverne la Terre (notre zodiaque).


L’étoile Canopus, dans la constellation Argo, était pour les anciens Égyptiens l’étoile la plus brillante de notre système solaire. Du fait de l’inclinaison de l’axe terrestre et de la précession des équinoxes, la luminosité de ce soleil nous est en partie voilée. Il faut redresser l’axe pour le contempler à nouveau.


Pour les Égyptiens, l’univers est composé des planètes naviguant dans l’espace. Les étoiles rouges sont l’image de l’Esprit divin. La Terre, conjointe au Soleil, est le bateau qui avance vers sa destination.

Isis, maîtresse des parfums et des onguents sacrés

Le bateau est la constellation Argo, qui recueillit Isis et Osiris pendant le déluge. Les cycles de Sirius et de Canopus étaient surveillés avec attention, car leurs levers conjoints annonçaient de grands cataclysmes et des inondations.


Sirius a pour symbole la flèche, et Canopus le fil à plomb, utilisé pour mesurer les constellations. Les deux étoiles conjointes mesurent les abysses, la dimension du Sud. Quand elles sont alignées, elles représentent aussi l’axe polaire.


Le lever héliaque de Canopus suit celui de Sirius. Le calendrier sothiaque célébrait également le lever héliaque de Canopus, quarante-cinq jours après celui de Sirius. Sa fête se situait entre le 1er et le 10 septembre. Sirius marquait le début de l’année et annonçait la crue du Nil.

La barque transporte le parfum à destination de l’âme

Cette Terre-bateau est comparable à la barque solaire, qui sauve les âmes et reste en contact avec le divin. Elle est l’arche affrontant le déluge, le refuge de l’humanité, la rectitude de la loi divine en l’homme, en attente d’un nouveau cycle.

L’arche est l’espoir de sauver son âme, qui, à la fin du voyage, voit la mer se séparer en douze.


Comme le bateau qui entre dans la mer des joncs, l’humanité fait un tour sur elle-même pour atteindre le lieu de la renaissance de l’esprit, à l’image d’une rose et de son épine. L’esprit est renouvelé tel un ange, jumeau du corps. Ensemble, ils ne font qu’un avec le principe divin.

Les onguents parfumés nourrissent et réveillent le Ka

Chez les Égyptiens, ce jumeau est le double cosmique : le Ka. La traduction première est que le Ka est une matrice, le premier (avant que l’âme ne prenne corps). Ce principe est symbolisé (âme et corps) par la constellation du Taureau et l’étoile Véga.


La constellation du Taureau possède son propre zodiaque avec son soleil central, Aldébaran, qui fait partie des quatre étoiles fixes du ciel. Les anciens Égyptiens l’appelaient aussi le Ka, la matrice première des eaux vives.


Les deux jumeaux correspondent à une réalité physique et une réalité ontologique. Le but de l’homme est de relier ces deux plans par la magie du cœur, appelée He-ka.


HE est le symbole de l’Ancien des jours. HEKA est l’accord total avec le divin et le plan terrestre, selon le son sacré de l’axe polaire appelé Hyperborée.

Les deux pôles de la création

Avant la création, le principe égyptien explique qu’une déesse lionne (Sekhmet) créa avec le Noun deux êtres humains, deux jumeaux. Cette déesse tisserande confectionna pour eux une cape blanche tissée de sagesse, avec un rôle assigné à chacun.

La cape blanche des jumeaux renvoie à la Voie lactée. La Voie lactée est l’image de la substance blanche séparant les deux hémisphères du cerveau, et aussi du liquide séminal. Ce principe est appelé symboliquement la parole spermatique, le Verbe créateur et le son sacré.
Le son est le souffle divin ; il est lié aux parfums.

Le son des profondeurs est TA. Ce son symbolise le tertre sacré, l’île verte des origines, le berceau du Bennu (oiseau sacré rejoignant le tertre sacré appelé Ta Tenen).

Sekhmet plaça l’un des deux jumeaux à droite et l’autre à gauche :

  • Celui de droite devait créer les montagnes et veiller à la solidité de la Terre. Surveiller la rotation, la stabilité, et surtout participer à la restauration de l’axe sacré. C’est la mission de l’œil droit, le pôle Nord.

  • Celui de gauche, le pôle Sud, devait veiller au son du créateur, réparti sur tout l’axe terrestre, et harmoniser la vie autour de cet axe.

Selon ce principe, l’Égypte était appelée Ta Meri ou Ta Mori : la mère des mères, la mère du monde, la terre des mesures, le nombril du monde et le bateau de l’âme.

Osiris comme colonne vertébrale du monde antique

Cet axe vertical est comparé à la colonne vertébrale de l’homme, qui symbolise la paix. Il fait passer l’électricité et libère le souffle divin.
La fonction de cet axe est de purifier les eaux (la dimension du Sud), et son symbole est le cuivre. La transformation de cette eau, dans le symbolisme, est le baptême de l’enfant nouveau-né et la résurrection de l’âme. L’eau de baptême est l’eau lustrale.

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